Comment le coronavirus a changé la donne pour les loyers immobiliers

Une décision radicale, une date fixée au cordeau : mardi 17 mars à midi, la France bascule dans une ère de restrictions inédites. Le mot d’ordre : limiter au strict minimum les interactions, freiner la circulation, couper court à la propagation du Covid-19. Très vite, tout le tissu économique s’enraye. Commerces jugés « non essentiels » fermés, salariés propulsés dans le télétravail ou contraints de rester actifs sur le terrain. L’immobilier, loin d’être épargné, encaisse de plein fouet le contrecoup de cette mise sous cloche collective.

Chaque facette du secteur est touchée : les syndics gèlent les assemblées générales et s’organisent en télétravail, les gestionnaires de location jonglent avec les urgences à distance. Les ventes immobilières tentent de survivre grâce aux signatures électroniques. Partout, les chantiers s’arrêtent, les interventions se limitent aux situations d’urgence. Même la location immobilière doit se réinventer pour ne pas s’immobiliser totalement.

A voir aussi : Crise du Coronavirus : quel impact sur le rendemenet des SCPIs ?

Sur le marché locatif, les conséquences se font sentir à chaque étape. Les projets immobiliers sont mis en suspens : difficile d’emménager ou de quitter un logement alors que la liberté de mouvement est réduite à peau de chagrin. Les agences immobilières, elles, ne peuvent plus accueillir le public et ferment leurs portes les unes après les autres.

Pour celles et ceux qui s’intéressent au sort des agences dans ce contexte, un article dédié analyse la situation sous toutes les coutures.

A voir aussi : Choisir la meilleure assurance emprunteur : criteres et garanties a considerer

Louer un appartement devient un casse-tête et, face au coronavirus, le secteur de la location immobilière se retrouve submergé de questions inédites.

Visites : repenser la rencontre avec le logement

Première victime du confinement : la visite d’appartement. Impossible de se déplacer pour découvrir un bien, les attestations officielles ne prévoient aucune case « visite immobilière ». Résultat : les visites physiques disparaissent du paysage. Quelques agences en ligne tirent leur épingle du jeu et proposent des alternatives : visites virtuelles, vidéos, appels en visio. Flatlooker, par exemple, a bâti son modèle sur la location 100 % numérique et permet toujours de visualiser un logement à distance.

Pour beaucoup, cependant, l’activité s’interrompt net : agents immobiliers, propriétaires, locataires suspendent leur projet, en attente de jours meilleurs.

État des lieux : s’adapter sans contact

L’étape du constat d’entrée ou de sortie du logement se complique à son tour. Certains professionnels mettent en place des procédures sans contact : remise des clés via boîte sécurisée, états des lieux réalisés par vidéo ou photos, signature électronique des documents. D’autres préfèrent reporter ce moment crucial.

Une chose reste évidente : l’absence d’état des lieux peut entraîner des complications, notamment lors de la restitution du dépôt de garantie. Selon le Code civil, sans état des lieux, le bien est présumé en bon état : une réalité à ne pas sous-estimer. Pour éclairer ce point, un article entier détaille les enjeux liés à l’état des lieux en période de coronavirus.

Déménagement : possible, mais semé d’embûches

Autre interrogation récurrente : peut-on déménager pendant le confinement ? Le gouvernement a fini par trancher : les déménagements sont autorisés, à condition de justifier le déplacement et de remplir une attestation en bonne et due forme, mentionnant l’adresse de départ et d’arrivée. Mais cette permission reste théorique, faute de professionnels disponibles : la plupart des entreprises de déménagement ont stoppé leur activité. Le regroupement d’amis ou de proches étant interdit, la tâche s’avère ardue. Pour analyser ce casse-tête, un article dédié fait le point sur le déménagement en période de Covid-19.

Au-delà des déplacements, d’autres questions se posent sur le plan contractuel : que deviennent les obligations du bailleur et du locataire en pleine pandémie ?

Bail et Covid-19 : quelles règles, quels ajustements ?

Entre confinements et restriction des déplacements, nombre de projets locatifs restent bloqués. Certains propriétaires ou locataires ne peuvent ni entrer ni sortir de leur logement : les frontières ferment, les déplacements se raréfient. D’autres se retrouvent à devoir prolonger leur séjour, alors même qu’ils ont donné congé. La crise bouscule aussi la stabilité financière : perte d’emploi, baisse de revenus, autant de situations qui fragilisent le paiement du loyer.

Contrat de location : maintien des obligations

Pour l’heure, le contrat de location s’applique sans aménagement particulier. Les baux prennent effet à la date prévue : le propriétaire doit permettre l’entrée dans le logement, le locataire doit payer le loyer comme stipulé. Aucune mesure spécifique n’a été adoptée par le gouvernement pour modifier ces règles dans le contexte du Covid-19.

Dans les cas les plus épineux, certaines parties optent pour des accords à l’amiable : report de paiement, franchise temporaire de loyer, prolongation d’occupation. Ces arrangements reposent sur le dialogue entre bailleur et locataire. Pour aller plus loin, cet article explore en détail la location pendant la crise sanitaire.

Départ reporté : s’organiser au cas par cas

Le confinement soulève une question concrète : peut-on rester dans son logement après la date prévue de départ ? La réponse : un report du préavis est envisageable, mais il ne se fait pas automatiquement. Il s’agit de contacter directement le propriétaire pour convenir d’un arrangement. Ce point précis est développé dans un article dédié au report du préavis en période de coronavirus. À noter : chez Flatlooker, les équipes restent disponibles pour accompagner propriétaires et locataires dans ces démarches liées à la crise.

Paiement du loyer : la règle reste la même

Côté paiement, pas d’évolution pour les locations entre particuliers : le loyer doit être réglé selon les modalités habituelles. Les mesures gouvernementales concernent uniquement les professionnels et les entreprises ; pour les particuliers, chaque situation doit être traitée en bonne intelligence entre les parties.

En cas de difficultés financières, ouvrir le dialogue rapidement permet souvent de trouver une solution adaptée, sans attendre que la situation ne s’envenime.

Sur ce sujet, un article complet revient sur les enjeux du paiement du loyer durant la pandémie.

Qu’on soit bailleur ou locataire, la gestion locative traverse une période de tension inédite. Les règles du contrat restent globalement inchangées, mais la pratique s’adapte : arrangements informels, négociations au cas par cas, tout est fait pour préserver la confiance et s’ajuster à la réalité de chacun.

L’immobilier, tout comme le reste du pays, affronte une tempête dont personne ne connaît la durée. Chaque acteur tente d’apporter des réponses, d’accompagner au mieux. Les incertitudes demeurent, mais la réactivité et la capacité d’improvisation sont devenues la nouvelle norme. Reste à voir jusqu’où cette crise redéfinira notre rapport au logement et à la location ; un bouleversement qui, pour beaucoup, ne fait que commencer.

Ne ratez rien de l'actu