À quoi ressemble un bon salaire pour bien vivre à Paris

Chaque mois, je publie une de vos histoires avec l’argent qui vous donne la parole sur votre budget. Rien de tel qu’inspirer et aider les autres en racontant votre histoire avec de l’argent, vos succès, vos échecs, vos idées, parler de l’argent simplement comme nous pouvons rarement le faire tous les jours. Il ne s’agit pas de juger mais de partager un esprit riche : la responsabilité, une dose d’ambition et de simplicité pour s’améliorer et atteindre notre objectif. J’ attends votre contribution, contactez-moi ici.

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Pour vous donner une idée précise, voici les thèmes abordés lors des témoignages :

  • 1, Pouvez-vous vous présenter ? (seul, couple, lieu de vie…)
  • 2, Quelle est votre situation financière ? (qui travaille, niveau de revenu, dépenses, comment vous gérez…)
  • 3, Comment es-tu arrivé là ? (choix, erreurs, idées…)
  • 4, Quels sont vos objectifs avec l’argent en ce moment ? (épargne, remboursement de la dette, investissement…)
  • 5, Quels sont vos objectifs à long terme ? (indépendance financière, créer votre entreprise, acquérir une résidence principale, fonder une famille, augmenter vos revenus…)
  • 6, Quels conseils aimeriez-vous partager ou l’approche que vous recommandez en matière d’argent ?

« Pouvez-vous vous présenter ? » (célibataire, couple, lieu de vie…)

Je vis seul à Paris. J’ai 25 ans, j’ai terminé une école de commerce et je travaille depuis un peu plus d’un an comme consultant junior dans une grande entreprise.

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« Quelle est votre situation financière ? (qui travaille, niveau de revenu, dépenses, comment vous gérez…)

Mon salaire s’élève à 2400€ net par mois.

Au début de ma vie professionnelle, j’ai voulu comprendre précisément où passait mon argent. J’ai dressé la liste de mes revenus et de mes dépenses, puis je les ai répartis en catégories. Résultat : je n’étais vraiment pas économe, loin de là. Tout partait dans les restaurants (je suis passionné de gastronomie), les sorties… En quittant la vie étudiante, mes dépenses mensuelles ont triplé, calquées sur mon nouveau niveau de vie. Épargner n’était même pas une option, l’intégralité de mon salaire y passait. Ma première vraie initiative a donc été de réduire la voilure. J’ai optimisé mes frais là où c’était possible : changer de box internet pour un abonnement basique (25€/mois), passer à un forfait mobile moins cher sans perdre en services (20€/mois), ouvrir un compte Boursorama pour une carte bancaire sans frais (5€/mois économisés). En tout, 50€ de plus dans la poche chaque mois, soit 600€ sur l’année, sans effort majeur.

Actuellement, mes charges fixes tournent autour de 900€ par mois (loyer, charges, téléphone). Je dépense environ 700€ pour le reste : alimentation, loisirs, petits week-ends… Ce qui laisse environ 800€ d’épargne mensuelle, en moyenne. Ce n’est pas gravé dans le marbre : un week-end à Madrid, et je mets de côté 600€ seulement ; un mois plus calme, et j’approche des 1000€. Cette organisation me permet de vivre sans me priver.

Depuis mes débuts, j’ai mis de côté 12 000€. J’ai investi 2500€ en pièces d’or, histoire de diversifier un peu mon pécule et d’avoir une solution de repli. Je vise l’achat d’un appartement à Paris, mais ce n’est pas pour tout de suite. J’ai déjà visité quelques biens, pour prendre la mesure du marché et être prêt à saisir une bonne opportunité.

« Comment es-tu arrivé là ? » (choix, erreurs, idées…)

Mon objectif, c’est d’apprendre tant que je suis jeune, sur des sujets qui me serviront toute ma vie. Internet rend la formation accessible à peu près sur tout, et gratuitement. J’ai donc exploré la nutrition : comment bien manger, où trouver de bons produits, adapter mon alimentation à mon rythme de vie. J’ai même poussé l’expérience plus loin en investissant dans un coach spécialisé (300€ pour 4 séances de 1h30). Un des meilleurs investissements que j’aie faits : aujourd’hui, je sais où dénicher des produits de qualité à des prix corrects, souvent en les achetant bruts et en cuisinant moi-même. Non seulement ça coûte moins cher, mais c’est plus sain, et cuisiner est devenu un plaisir à part entière. Préparer un plat à partir d’ingrédients choisis, c’est autrement plus satisfaisant que de céder à la facilité de l’industriel.

Un chiffre qui m’a marqué : en moyenne, les végétariens vivent 8 ans de plus que les autres. Je ne suis pas végétarien, et ce n’est pas une cause qui me parle, mais cette statistique montre bien que prêter attention à son alimentation prolonge la vie et la forme. Je réfléchis à de nouvelles idées, comme installer deux poules chez mes parents (ils ont un jardin) : une pondeuse coûte 5€, vit environ 5 ans, se nourrit de céréales pour trois fois rien, pond régulièrement. À Paris, ce n’est pas faisable, mais ailleurs, c’est un moyen simple de consommer mieux et différemment. Même logique avec le potager ou les produits faits maison, comme la lessive au savon de Marseille. J’aime cette autonomie, que ce soit pour entretenir une voiture, réparer une porte ou recoudre un pantalon. Ne pas dépendre systématiquement d’un service, c’est gratifiant et ça fait faire des économies non négligeables. Réparer soi-même son jean préféré ou gérer son budget sans intermédiaire, c’est aussi une façon de gagner en liberté financière.

Autre piège que je cherche à éviter : la surconsommation. J’y ai déjà laissé des plumes. Il y a un an, j’ai fait le tour de ma garde-robe : la moitié des vêtements n’avaient presque jamais été portés. Je ne suis pas accroc au shopping, mais j’ai souvent acheté sur un coup de tête, sans réel besoin. Depuis, j’essaie de réfléchir avant chaque achat. Quand un article me tente, je sors du magasin, j’attends quelques jours. Si l’envie persiste, je reviens ; la plupart du temps, elle disparaît, et je n’achète pas. Cette petite discipline m’a évité pas mal d’achats inutiles. Résultat : moins de pièces, mais de meilleure qualité, que je garde plus longtemps. Plus on prend l’habitude de consommer avec recul, moins l’envie d’achat automatique se fait sentir. L’idée n’est pas de se priver à l’excès ou de s’habiller n’importe comment, mais de viser la qualité, la durabilité, l’usage réel. Ce raisonnement s’applique aussi à d’autres domaines : le téléphone dernier cri, les vacances flash, la deuxième voiture…

J’apprécie aussi le principe de l’échange de services avec les proches ou les voisins. Un coup de main en bricolage contre un cours particulier, des œufs frais contre un légume du jardin, un ourlet contre un conseil financier… Ce genre d’accords rend service à tout le monde et permet d’économiser sur des dépenses qui explosent vite à Paris. Pour trois points de couture ou une intervention de plombier, les tarifs deviennent vite déraisonnables. Multiplier ces échanges avec un bon réseau, c’est alléger son budget dans la convivialité. J’ai eu recours à ce type de troc plus d’une fois, et ça fonctionne.

Pour finir sur une erreur qui m’a coûté : je n’ai pas négocié mon salaire à l’embauche. J’avais l’impression que la rémunération était correcte, alors je n’ai pas osé. Avec le recul, j’aurais pu tenter d’obtenir 2000 à 4000€ de plus par an. Au pire, ça n’aurait rien changé, mais je n’aurais rien eu à perdre.

, Quels sont vos objectifs avec de l’argent en ce moment ? (épargne, remboursement d’une dette, investissement…)

Je n’ai aucune dette. Pour l’instant, mon objectif est de maximiser mon épargne pour pouvoir investir, probablement dans un appartement, et générer enfin mon premier revenu passif. Maintenant que mes dépenses sont mieux maîtrisées, je veux aussi augmenter mes revenus, sans pour autant hausser mon train de vie, pour épargner davantage. Cela passe par une progression salariale, mais aussi par la création d’un revenu complémentaire. J’étudie l’idée de lancer un site ou un blog avec un ami, qui a déjà réussi à dégager des bénéfices significatifs grâce à ce modèle.

, Quels sont vos objectifs à long terme ? (indépendance financière, création d’entreprise, acquisition d’une résidence principale, fonder une famille, augmenter vos revenus…)

Petit, j’étais fasciné par le Monopoly : posséder des biens qui rapportent spontanément. Mon ambition à long terme, c’est de construire une forme de patrimoine, immobilier ou non, qui génère des revenus sans intervention directe. Ce serait la clé de l’indépendance financière.

Pour y parvenir, plusieurs options me tentent : lancer une activité à mon compte, acquérir plusieurs appartements… Je ne me tourne pas vers la bourse pour l’instant, ce monde m’est trop flou et risqué. Je me renseigne aussi sur la possibilité de vivre temporairement dans un pays où le coût de la vie est très bas, comme la Thaïlande, tout en conservant des revenus français. On peut y vivre confortablement pour peu, le frein principal reste le prix du billet d’avion. Ce serait aussi un moyen d’accélérer l’épargne.

Je ne me fixe pas d’échéance stricte pour arrêter de travailler. Idéalement, j’aimerais pouvoir passer à temps partiel autour de 35-40 ans, et pourquoi pas arrêter totalement entre 45 et 50 ans.

, Quels conseils vous aimeriez partager ou l’approche que vous recommandez quand vient à l’argent ?

Ce conseil revient souvent, mais il mérite d’être répété : commencer tôt fait toute la différence. Pour les plus jeunes, travailler un mois pendant les vacances d’été, c’est déjà mettre un pied dans la réalité professionnelle, gagner un premier salaire, et apprendre la valeur de l’argent. Et, surtout, cultiver dès le départ un état d’esprit ouvert à la progression.

Rien ne remplace cette avance prise sur la gestion de son argent. Plus tôt on apprend, plus vite on s’affranchit des contraintes subies. C’est une porte qui ne demande qu’à être ouverte.

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